Les Sciences, leurs origines et leurs objectifs

Que peut-on appeler sciences, quels liens les unissent ?

Une science, comme l’écrit le dictionnaire Larousse (1), se définit comme étant « Chacune des branches de la connaissance, du savoir » ou la « Connaissance approfondie d’un domaine quelconque […] ». Ces définitions ont comme point commun l’emploi du terme connaissance, qui nous amène à une origine presque aussi lointaine que l’humanité elle-même, un des faits qui la différencie en essence du reste du monde animal. La connaissance, c’est ce que l’humanité a acquis à travers l’exploration et la découverte de son environnement, du monde dans lequel elle évoluait, et par-dessus tout la conscience de l’aspect « utile » de cette exploration. On peut donc ramener la définition d’une science à quelque chose de plus profond, une science étant un ensemble de découvertes sur un domaine de notre monde, de notre existence (parce qu’évidemment, nous faisons partie même de notre propre monde).

Mais alors, qu’est-ce que l’on peut appeler « science » ?

Et bien comme tout le monde le sait, on peut parler de mathématiques, de physique, de chimie, mais pas que, et loin de là. On peut aussi appeler « science » tout ce qui est littérature, le français, l’histoire, la géographie, la technologie, les sciences naturelles (S.V.T), l’économie, la philosophie, la psychologie, les sciences sociales, etc. En bref, presque toutes les matières communément intitulées au lycée comme générales ou technologiques.

Celles-ci se différencient toutes par des fondements spécifiques, et surtout par des objectifs qui leurs sont propres (c’est d’ailleurs le point fondamental qui différencie science et culture, la présence d’objectif et une spécialisation accrue d’un domaine particulier). Et c’est ce que je vais tenter de clarifier dans cet article, les groupements de sciences que l’on peut construire, les liens qui existent entre différentes sciences, et enfin ramener le tout à notre définition de base.

I) Groupements des sciences et définitions

Attention, n’y voyez pas là un « top » des groupes que je vais établir, bien que leur ordre ait une importance.

Dans un premier temps, je vais vous proposer quatre groupements, accompagnés d’une brève définition, qui sont pour moi pertinents. Je pourrais ensuite élaborer les liens qui existent entre ces groupes (et par conséquent les liens entre les sciences qui s’y trouvent). On trouve ainsi :

-Les mathématiques

-Les sciences universelles : la physique, l’astronomie et la chimie.

-Les sciences humaines : S.V.T, littérature, économie, histoire, météorologie…

-Les sciences existentielles : philosophie, neurologie, psychologie…

Si vous avez lu ma biographie, le fait que je mette à part et en premier les mathématiques ne vous aura pas surpris, mais c’est justifié. Et c’est donc sur cette science que je vais attaquer ma petite série de « définitions ».

1) Les mathématiques

Les mathématiques méritent leur place unique pour plusieurs raisons que je vais exposer ici. Bien que cette matière en dégoûte plus d’un (et à juste titre parfois) elle est présente partout. Si bien qu’aucune autre science que la littérature pure n’y échappe (et encore…), sûrement pas la philosophie contrairement à ce qu’un bon nombre de gens pense. Par exemple, l’appréciation de petits nombres de manière efficace, le dénombrement au sens concret du terme et une capacité de calcul simple est innée à beaucoup d’animaux, mammifères en particulier. Mais ce n’est pas parce que les plantes ne savent pas compter qu’elles sont exclues de beau nombres, je ne saurais citer que le très célèbre nombre d’or et la suite de Fibonacci, ou le moins célèbre chou de Romanesco (2) qui se construit sur une sublime fractale naturelle…

2) Les sciences universelles

La encore, ce n’est pas seulement parce qu’elles me sont familières qu’elles héritent d’une telle place. C’est sans doute le groupe de sciences qui a fait le plus rêver les Hommes, les a le plus émerveillés, mais aussi celui qui illustre le mieux ma définition des sciences. Le soleil et la lune ont été parmi les premiers symboles de la science et de tout ce que j’ai cité précédemment pour l’humanité, l’origine de nombreux mythes, mais aussi source d’inspiration et de rêverie en tout genre ; je ne saurais que citer Jules Verne, De la Terre à la Lune (3). La grande majorité des peuples suffisamment développés (Mayas, Égyptiens, Grecs, Turcs, Chinois, Indiens…) en ont acquis leurs premières sciences, s’en servaient de calendrier ou de boussole au-delà de leurs mythologies.

L’espace et ses astres sont donc de grands déclencheurs de passions en plus d’être dans les premières sciences étudiées par l’Homme, comme l’astronomie, qui mènera plus tard à la physique (Par exemple Aristote et ses études des Éléments (4), qui au passage est un philosophe*).
La Chimie, et d’abord même l’alchimie sont plus tardives car plus spécifiques, mais là encore c’est l’ambition d’immortalité, le mythe de la pierre philosophale et le changement du plomb en or qui motiveront leurs croissances respectives.

C’est ce groupement de sciences qui comblaient les jours et les nuits d’Isaac Newton, selon les légendes…

3) Les sciences humaines

On attaque désormais des sciences qui me sont bien plus étrangères que les précédentes, mais n’en démordent pas de leurs statuts de sciences.

Ce sont les sciences qui découlent de la découverte du feu à la découverte des plaques tectoniques et leurs mécanismes, celles qui étudient et assemblent les éléments du passé et du présent de l’Humanité. Les sciences naturelles (S.V.T, biologie) ne sont autre que la construction d’un arbre généalogique du vivant et de notre Terre afin d’en comprendre au fur et à mesure toutes les subtilités et les diversités, l’Histoire n’est autre que la reconstitution historique de tous les grands événements de notre passé pour mieux appréhender le présent.

La littérature et l’économie, de même, sont des domaines purement et seulement humains qui retranscrivent dans leurs domaines respectifs le passé et le présent peu importe le but recherché.

Les sciences humaines illustrent le mieux ce que je disais plus tôt par « l’aspect utile des sciences », et en particulier elles servent aux hommes et à eux essentiellement. Elles découlent de tout ce que l’humanité a accumulé et le mettent à son service, suivant une logique majoritairement progressiste.

4) Les sciences existentielles

Commençons par justifier leur adjectif « existentielles » : elles s’animent autour de tout ce qui d’apparence démarque l’Homme de l’animal, son aspect social et son impact sur l’individu isolé. Ce sont des réflexions littéraire ou scientifique sur l’âme, sur notre conscience de soi-même et notre incapacité à répondre à une question simple : « Pourquoi ? » (Et retenez bien cette question…)

Les sciences existentielles tentent de décrire, analyser l’Homme de la manière la plus complète possible pour pouvoir le résoudre en quelque sorte, que ce soit pour répondre à cette fameuse question ou pour soigner nos névroses, pour qu’enfin la conscience et l’âme si chère à Descartes (5) priment sur l’animalité de l’individu.

Les sciences existentielles sont aujourd’hui beaucoup plus ciblées sur notre aspect social puisque que c’est ce qui régit presque tous les Hommes de notre ère. Mais ce n’est qu’une partie seulement de tout ce que nous cache notre cerveau, ce n’est pas pour rien que l’on peut s’amuser à dire que le cerveau est la seule chose sur Terre capable de se nommer elle-même…

II) Les liens entre ces groupes

Nous attaquons maintenant ce qui lient ces 4 ensembles pour former « la science ». Et pour cela je vais avoir besoin de votre imagination, et d’une petite représentation faite-maison de ce que je vais développer.

vvvvvvvv

On peut voir trois doubles flèches, le tout englobé par les mathématiques. Ces doubles flèches sont ces fameux liens, ce qui coexiste dans les deux groupes ainsi rattachés, ce qui les unit.

1) Sciences universelles et humaines

Dans ce que j’appelais progressiste dans la troisième définition constitue en grande partie ce premier lien. C’est la conquête de l’espace, la chimie au service de la médecine (physique ou morale) et toutes les questions éthiques que cela engendre, sans oublier ce qui est très à la mode dernièrement et qui ne saurait que croître : le transhumanisme.

Le transhumanisme est l’aboutissement des sciences universelles au service de l’homme, la dénaturation progressiste de notre propre intégrité corporelle, comme pour atteindre un stade supérieur à l’humain, à notre animalité. Toutes les questions éthiques engendrées et les innovations issues d’avancées scientifiques majeures mettent un pied dans chaque groupe, les poussant chacun dans leurs limites actuelles, au même titre que la quête de l’immortalité ou le développement des intelligences artificielles. Ou même, pour prendre un exemple qui est né avant les premiers Hommes : la Guerre.

Cette horreur qui a fait plus ou moins volontairement naître des avancées humaines majeures fera sans doute l’objet d’un autre article pour ma part…

2) Les sciences universelles et existentielles

Voilà ce qui nous amène au plus profond de notre être, ce qui nous anime depuis toujours : La conscience et ce qu’on en fait, notre conception presque subjective de la réalité qui fait de nous une branche à part du règne du vivant. Ces groupes sont liés par notre recherche ininterrompue de tous les mécanismes de notre cerveau et de notre esprit, mais comme le décrivait si bien Albert Einstein : L’univers est une pièce sombre, et plus on l’éclaire avec notre bougie (notre conscience, nos découvertes), plus on découvre l’ampleur de ce qui reste à découvrir.

C’est ce pourquoi ces deux groupes sont si solidement liés, nous ne savons même pas s’il existe une fin à ce qui les fait coexister : rien ne nous dit que cette pièce sombre n’est pas infiniment grande, personne n’en n’a la solution, et seules les mathématiques s’en approche (pas encore Thomas, ça arrive, retiens-toi encore quelques lignes…)

En bref, c’est leur cohésion qui nous fait avancer, qui nous donne une raison d’exister et d’entretenir ce concept si philosophique et si humain qu’est le Travail, dont l’idéal représenté par certains adulateurs n’est autre qu’Elon Musk, Nikola Tesla et j’en passe.

3) Les sciences humaines et existentielles

Cela paraît presque évident : c’est tout ce qui touche au social, à notre société. Par exemple la « Grande Dépression », même si je ne m’étalerai pas plus à ce sujet ici.

Les sciences humaines sont en quelque sorte l’aspect pratique des réflexions apportées par les sciences existentielles, elles en cherchent inlassablement les solutions. C’est le lien qui repose le plus sur le « passé » de l’humanité, alors que les sciences universelles auraient plutôt tendance à vouloir se projeter dans l’avenir.

4) L’omniprésence des mathématiques

Le titre est je pense assez clair, et j’en ai déjà évoqué le goût plus tôt : les mathématiques, que vous le vouliez ou non, sont absolument partout, et ce pour plusieurs raisons.

L’argument principal et irréfutable est que le langage mathématique est le langage universel. Aucune autre science que les sciences existentielles ne peuvent s’en passer, et même celles-ci sont en fait infestées de tentatives de démonstrations reposant sur des concepts mathématiques (comme la très célèbre preuve de l’existence de Dieu par Descartes, mise au monde et détruite par les maths). La philosophie ne saurait pas se passer de mathématiques, sachant que les maths sont le principal moteur de cette matière, d’autant plus que depuis toujours, les grands scientifiques étaient d’abord mathématiciens et philosophes (L’école de Pythagore (6), Descartes…).

De plus, l’aspect calculatoire bien familier de tous est aussi dans notre quotidien, et je l’ai déjà dit mais l’appréciation de petits nombres et la capacité de calculs simples est innée à beaucoup de mammifères. Aucun être vivant n’échappe au nombre, la vie même étant issue d’une probabilité si faible.

Les maths sont aussi vieilles que notre univers, si ce n’est plus vieux encore. Les mathématiques sont tellement universelles qu’elles vont au-delà du réel, elles sont pionnières de tout monde réel, imaginaire ou inimaginable. Les maths se sont présentées comme la seule solution quand la physique avait atteint un stade qui dépassait notre logique humaine, les maths sont la vie et le progrès comme elles sont le chaos et le vide absolu, les maths sont partout et régissent absolument tout.

Et c’est ce qui m’a amené, contrairement à ce que les scientifiques les plus brillants envisagent, à penser que notre univers est ultra-déterministe. Pour faire court, les esprits les plus brillants emploient encore une certaine notion de l’aléatoire pour résoudre psychologiquement et physiquement des problèmes insolubles de notre réalité, alors que je pense que ces problèmes n’ont rien d’aléatoire bien que j’acquiesce leur caractère insoluble (c’est en fait encore beaucoup plus complexe que cela).

Comme je l’évoquais, la fameuse question « Pourquoi » et « l’équation de la physique » sont intrinsèquement liés par la globalité de notre réalité, et ne sont au fond que des problèmes mathématiques, pour la plupart insolubles.

Si je ne vous ai pas encore convaincu, je serais ravi de vous en parler plus en détail, il suffit de vous manifester dans les commentaires ou ailleurs .

Conclusion

Les sciences sont le ciment de l’humanité, elle lui donne une raison d’avancer, d’utiliser son cerveau pour son confort mais aussi pour se donner une raison, ce que l’Homme primitif traduisait d’abord par la domination divine et/ou masculine, et ce que l’Homme d’aujourd’hui devrait (enfin) réussir à comprendre l’enjeu pacifique et primordial de ce qui fait notre existence, ce qui fait de nous un sac d’atomes conscient d’être un sac (un jour peut-être je ferai des métaphores subtiles).

Pour ce qui est du « confort de vivre », ce sont principalement les sciences existentielles et humaines qui nous amèneront vers un meilleur lendemain, tandis que pour l’aspect purement universel (voilà que je retombe sur mes mots), ce sont les mathématiques et les sciences de ce nom qui se chargent de creuser inlassablement les énigmes qui composent notre réalité.

Chaque cause est noble et louable quand elle dépasse les intérêts humains, tout problème n’a pas de solution mais lorsqu’une solution est solide mais vous déplait, il est alors de votre devoir d’aller dans le sens du progrès, du progrès de l’humanité et du progrès de votre propre personne. Et j’en apporterai pour maigre preuve que dans l’Histoire, jamais la peur, jamais le refus, et jamais le reniement du progrès ne nous a fait avancer (voir les suicides de l’école Pythagoricienne (7), le combat de Galilée et d’autres autour de l’héliocentrisme et de la Terre sphérique (8) …).


Références de l’article

(1) http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/science/71467?q=science#70678

(2) http://www.lps.ens.fr/~douady/Pyllotaxie/Romanesco.html

(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/De_la_Terre_%C3%A0_la_Lune

(4) https://fr.wikisource.org/wiki/De_la_G%C3%A9n%C3%A9ration_et_de_la_Corruption

(5) C’est une thématique récurrente dans son œuvre philosophique, rien à citer en particulier

(6) http://www.cosmovisions.com/Pythagorisme.htm

(7) https://automaths.blog/2017/06/15/pythagore-et-les-pythagoriciens/

(8) http://homepages.ulb.ac.be/~pmarage/Galilee-Artichaut.pdf


Quelques notes annexes dont vous pouvez vous dispenser :

Tout ce qui a été dit ne relève encore une fois que d’une perception personnelle de tout ce que j’ai acquis jusque-là afin de vous proposer un point de vue extérieur à ce que vous savez déjà, ou alors vous apporter de quoi réfléchir plus encore. Cela implique donc évidemment que cela se déroule aussi en sens inverse : je serais ravi de découvrir ce que vous pensez de notre univers, pouvoir en discuter avec vous, cela ne sera que bénéfique pour tous.

Cet article fut long dans sa conception, d’abord parce que je m’aborde dans un sujet que j’appréhende de mieux en mieux et découvre de fait que je le connais de moins en moins (cf. la pièce sombre d’Einstein), il peut y avoir quelques erreurs, imprécisions ou autre puisque je n’ai pas pu y consacrer trop de temps en partie à cause mes études et de mon manque cruel d’inspiration. Cela se reproduira sans doute encore…

D’ailleurs, le prochain article comme je le laissais entendre plus haut devrait porter sur la Guerre (sujet assez vaste, à préciser donc). Cela risque de changer, bien que les chances soient faibles, mais devra nécessiter un travail de recherche antérieur à sa rédaction qui sera lui aussi assez long. A noter que cet article sera dans tous les cas plus axé sur une réflexion humaine que celui que vous venez de lire.

Tout ce que je pense des mathématiques et des sciences n’a pas été exposé ici, ce serait beaucoup trop long, et un enfer certain à mettre en forme. Encore une fois, c’est pour cela aussi qu’il est bien de discuter autour de cet article, avec moi ou d’autres lecteurs !

Merci d’avoir eu le courage de me lire jusque-là, ce sujet me tenait particulièrement à cœur et je rêvais depuis un certain temps de pouvoir m’exposer publiquement sur le sujet, dans un cadre sérieux.

Thomas Lepercq

 

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s